Vivre

Le vide et le cri

Le 04 mars dernier, j’ai fait une fausse couche. Je ne sais pas pourquoi j’écris ce billet très honnêtement. Je crois simplement que j’ai besoin d’en parler le plus possible. Car depuis ce jour, je ressens un vide et j’ai une envie irrésistible de crier.


Cela fait 1 mois et demi, et si je commence à ressentir un sentiment de paix (notamment lié à ma Foi – oui, je crois en Dieu), il arrive régulièrement que cette douleur me revienne dans le visage comme un boomerang.

En février, je sentais mon corps différent. Je ne présumais de rien en particulier. En effet, il arrive parfois qu’il me joue des tours, notamment lorsque je suis en plein syndrome prémenstruel (très violent à la fois sur le plan émotionnel et physique). Jusqu’à ce jour de règles qui ne vint pas, puis deux, puis trois. Alors j’ai fini par testé. J’ai attendu 3 minutes un matin, il était 06h30. C’était inhabituel, je ne sors jamais du lit avant 08h. Pas ce jour-là. Notre bête à poil se frottait contre mes jambes, on attendait toutes les deux. Et le fameux résultat, discret, mais bien là.

« Je suis enceinte ». Cette phrase qui m’a fait ressentir une peur extrême et une joie démesurée au creux du bide. Je lui ai dit, on était contents, quelque peu inquiets aussi… C’était juste incroyable, impalpable. Mais bien là.

Finalement, la joie n’aura pas été très longue, quelques temps plus tard, un matin, ces signes : une poitrine moins lourde, cette petite tâche. Un passage aux urgences, et ce fameux appel 24h plus tard qui confirme que « cela n’a pas tenu, pas besoin de revenir demain contrôler. Faites le point dans une semaine, histoire d’être sûre que tout est parti ».

Une fausse couche précoce, je savais que cela existait. Mais l’idée de vivre de la vivre ne m’avait jamais effleurée. On pense toujours qu’une première fois se passera bien. Il y a un côté magique car les premières fois sont censées l’être, magiques. Et puis on est rattrapée par les statistiques. 10 à 20% des grossesses, 80% avant 12 semaines.

Depuis, j’oscille entre tristesse, colère, sentiment d’injustice, sérénité et confiance en l’avenir. « Ça a marché au moins », « la nature fait bien les choses », « c’était pas le bon moment ». La nature est cruelle. Le fait de savoir que mon corps marche correctement est satisfaisant, mais ne m’empêche pas de ressentir le vide et l’angoisse pour les prochaines fois. Le bon moment, après tout, y’en a-t-il vraiment un ? Pourquoi pas celui-ci ?

J’ai aussi du mal à « supporter » les autres femmes enceintes. Je ne ressens aucune jalousie, simplement un sentiment d’injustice. C’est purement émotionnel. En même temps, j’ai pleinement conscience que l’on ne connaît pas le parcours des autres, et que la joie d’une grossesse affichée ne veut pas dire que tout a été facile ou l’est encore.

Depuis, je lis et écoute mille choses pour comprendre. Je me noie dans les témoignages des autres. Je cherche des réponses que je n’aurais jamais puisque nous vivons chacune une expérience différente. Parce que cela ne s’explique pas toujours. Ces témoignages (sur les blogs comme Maman Louve, Emilie Brunette, Azzed dans le podcast Bliss…et encore d’autres) sont précieux. Car s’ils sont le récit d’une expérience personnelle, ils permettent malgré tout de mettre des mots sur mes maux. Car oui, même si cette grossesse s’est arrêtée très vite (j’étais à peine à 6SA), je commençais déjà à apercevoir cette nouvelle vie. Un petit tas de cellules, certes, mais qui avait déjà une sacré importance.

Lorsque j’ai fini par en parler (sur Instagram, mais pas que), j’ai appris que nous étions nombreuses à vivre cette expérience douloureuse. Alors si cela n’a rien de réconfortant, cela me permet de me situer dans cette « statistique ». J’ai reçu des petits mots, parfois maladroits, des cœurs, un bisous, un simple « comment tu vas aujourd’hui ». J’ai pu parler. Merci à ces personnes <3

Je ressens un manque d’une chose que j’ai effleurée. J’ai été enceinte. J’avais très peur de devenir mère. Pour la responsabilité, la peur que ma vie bascule, la peur de me perdre aussi…finalement, cette première courte expérience m’aura permis de réaliser que c’est un rôle que j’ai (nous) hâte de vivre.

À tantôt,

Alma

PS. Si toi aussi tu passes par là, je t’envoie plein de réconfort. On s’en sort petit à petit <3

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