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Ce 1er Trimestre qui a changé ma vie #Grossesse

Avant d’être enceinte, je n’imaginais pas à quel point cela allait bouleverser ma vie. Vous me direz que ce n’est pas très original comme entrée en matière. Mais c’est complètement comme cela que je le vis. Un bouleversement. J’ai souvenir d’avoir toujours aimé les enfants. Petite, je cajolais mes poupons quand ma soeur jouait avec ses Barbies. Adolescente, je rêvais de les accompagner à la naissance en devenant sage-femme… Bref, devenir mère était quelque chose que j’envisageais de façon un peu rêveuse…

Devenir mère, une évidence…pas si évidente !

… Jusqu’à l’année dernière où cela m’a complètement terrorisée. Je dirais même plus que voir toutes ces mums sur Instagram me faisait parfois l’effet #Beurk, car je n’avais PAS DU TOUT envie d’avoir un quotidien similaire.

(Disclaimer : je ne dis pas que les copines mamans avaient un quotidien pourri, juste que je ne me voyais pas du tout avoir cette vie là et ne voyais que les contraintes liées)

Pourquoi ? Parce que j’approchais de la trentaine, avec des questionnements en tout genre (notamment sur ce que j’étais en tant qu’individu, en tant que femme, fille, compagne…), et une réelle inquiétude face à un monde qui ne va pas très bien (racisme de plus en plus décomplexés, politique de l’autruche en matière de lutte contre les inégalités, pour l’écologie…). Un ensemble de facteurs qui ont eu pour effet de geler le projet dans ma tête. Je crois d’ailleurs que j’ai traversé une petite crise d’ado tardive, pleine de doutes, de remise en question et de conflits. C’est fini depuis.

En me lisant, vous vous dîtes peut être : ok Gertrude, c’est bien beau tout ça, mais comment en es-tu arrivé à décider de faire un bébé ?

Et bien…je crois que j’ai mûri. Que certaines choses se sont débloquées en moi. J’ai accepté de remettre en question un certain nombre de choses, de bousculer mes croyances. M’imaginer mère me faisait énormément peur. J’étais dans ma période podcast à gogo, alors j’ai commencé à en écouter sur la parentalité : le célèbre Bliss, qu’on ne présente plus, le Nid, le Tourbillon, ou encore Miroir Miroir.

Ces écoutes m’ont permis de prendre pleinement conscience du fait que la parentalité a différentes facettes, que ce n’est pas toujours parfait, qu’il y a autant de parents que de visions de ce rôle, et surtout qu’on ne perdait pas son identité. Car avant d’être fille de, compagne de, amie de, et mère de …j’ai surtout envie d’être une personne à part entière. D’exister comme telle. Vous l’aurez compris, ma remise en question a été globale, même si je fais ici un focus sur la parentalité car c’est la thématique de ce billet. Le reste ne sera pas dévoilé :-).

Bon Gertrude, ce premier trimestre révolutionnaire alors ?

En trois mots, cela donnerait : nausées, sommeil et angoisses. Assez classique me direz-vous. Je fais effectivement partie de la majorité de femmes ayant souffert des maux traditionnels d’un début de grossesse. J’ai su très vite que j’attendais un bébé car mon corps est assez expressif. Un petit test 2 jour avant la date supposée de mes règles, et un trait discret s’est affiché. J’étais seule avec le chat, Monsieur en déplacement. Je devais moi-même partir quelques jours en séminaire, ce qui a facilité le secret. J’ai tenu 1 semaine avant de l’annoncer à mon Amoureux. Nous fêtions notre anniversaire et je m’étais dit que cela serait une belle surprise. Et puis je me gardais ce petit privilège d’être le vaisseau de la vie. Apprécier le tout début, seule avec moi-même, dans la sérénité et la joie.

Les soucis ont commencé 2 semaines plus tard : mon estomac faisait des siennes, je me sentais très faible et fatiguée, et cela devenait compliqué pour moi d’assumer une journée de travail. Quelques jours de repos, une canicule entre temps…une courte reprise et me voilà en vacances. Ces dernières ont été les plus nulles de ma vie. J’ai passé mon temps à dormir (vomir) et à mentir sur mon état (car je ne voulais pas le dire tout de suite à ma famille – cela n’aura pas duré longtemps, surtout lorsque l’on vomit 7 fois en une journée). Je suis revenue sans bronzage, plutôt reposée, toujours sereine mais prudente.

Vivre une fausse couche précoce quelques mois plus tôt a eu un effet assez particulier, entre prudence, angoisses et sérénité :

  • Je me suis beaucoup détachée de cette petite vie qui se développait en moi. Chaque jour était une étape de plus, j’avais pleinement conscience de la fragilité de cette période et de son possible caractère éphémère.
  • Paradoxalement, j’étais très sereine (la plupart du temps, j’ai aussi eu des moments de réelle angoisse ou de « Mais, je suis réellement enceinte ? »).

J’ai ainsi attendu le maximum pour l’annoncer. Très peu de personnes étaient dans la confidence, et celles qui me connaissent bien savent que lorsque je me retire de la vie sociale, c’est qu’une chose se trame (souvent mauvaise). Là c’était très chouette, mais n’étant pas dans ma meilleure forme, je me suis énormément repliée sur moi-même, avec pour effet de me sentir assez seule.

Seule et bridée car :

  • Je ne voulais pas parler de cette grossesse : au cas où elle s’arrêterait (et pour m’éviter les réactions et remarques maladroites des gens), parce que j’étais contente mais pas vraiment (les maux de grossesse), parce que j’avais du mal à réaliser…
  • J’étais tellement affaiblie que la moindre chose comme manger ou prendre ma douche était une épreuve. J’ai eu l’impression d’être une vraie plaie pour mon amoureux (qui est en mode super super prévenant et présent <3 ). Alors je ne voulais pas imposer cela aux autres.

Fin août, l’échographie du 1er trimestre approchait, et j’étais persuadée que j’allais apprendre une mauvaise nouvelle. 1 semaine avant, j’ai atteint le sommet, au point d’appeler 6 cabinets parisiens pour une échographie sans motif, si ce n’est me rassurer. Évidemment, je n’ai trouvé aucun rendez-vous : mois d’août oblige, cabinets qui refusaient de me prendre sans ordonnance…

On m’a suggéré d’aller aux urgences en prétextant de faux symptômes bizarres ou une chute, mais cela me posait un vrai souci moral (ils sont quand même surchargés, je ne me voyais pas mentir pour une échographie de meuf parano…). L’angoisse est vite redescendue puisqu’on a décidé d’annoncer la bonne nouvelle à nos mamans dans la foulée. Avec ce shoot de bonheur et d’amour, je me suis sentie reboostée et confiante. Aucune raison pour que mon petit embryon devenu foetus soit en mauvaise santé.

Le déclic de la 1ère échographie

Le jour-j et la journée la plus longue de ma vie. J’ai retrouvé mon Amoureux chez la sage-femme. Fidèle à nous-même, nous nous sommes disputés pour une bêtise… Après plusieurs minutes (quasiment 1h de retard, de quoi mettre la patience de Monsieur à rude épreuve), nous voilà enfin dans le cabinet. Je retrouve cette femme méticuleuse, très exacte. Elle nous explique le protocole très stricte de cette échographie du 1er trimestre et c’est parti. Salle noire…et projection de notre bébé. Jusqu’alors, je n’avais vu qu’un point ou un haricot. En 1 mois, ce fameux haricot s’était transformé en bébé avec ses 4 membres, sa petite tête, son ventre rebondi. Il bougeait beaucoup, son coeur battait bien. Je ne pourrai retranscrire ce que cela m’a fait. En tout cas, j’ai réalisé que oui, j’avais un bébé dans mon ventre. C’était à la fois incroyable et magique. Irréalisable et très concret. Bouleversant.

À partir de ce moment là, je me suis sentie vraiment sereine. Notre bébé allait bien, ses mesures étaient parfaites. J’ai enfin soufflé. Enfin, j’allais pouvoir sortir de mon mutisme et l’annoncer à la terre entière. « Nous allons avoir un bébé ».

Cela fait bientôt 1 mois et je ne le sens pas encore bouger ; selon mon médecin, une histoire de 4-5 semaines. J’ai acheté un doppler foetal pour écouter son petit coeur battre. C’est addictif comme bruit et si apaisant. Et cela me permet de prendre conscience de ce que mon corps fait. Il permet qu’un deuxième coeur batte au creux de moi. Pour cela, je le remercie.

Côté projection dans quelques mois, nous envisageons sa venue avec beaucoup de sérénité. Je sais que je ferai au mieux. Je n’ai aucune idée préconçue sur mon accouchement, son éducation, sur notre rôle de futurs parents. Je laisse les choses venir à moi (nous), en me nourrissant de lectures et de podcasts. Je suis très pressée de faire sa rencontre, mais j’ai conscience que ces mois sont faits nous préparer. Pour nous, ce sera en douceur « slow life » comme dirait une blogueuse que j’aime beaucoup, Danielle – Best of D

Je compte bien profiter de ces mois de grossesse. Je sais que je serai toujours un peu inquiète. Mais cela ne prendra plus autant de place. Nous allons avoir un bébé. Et c’est la chose la plus merveilleuse de cette année.

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